FRANTZ FANON et "L'IMPOSITION CULTURELLE"

Publié le par KOSPO, STEVE ET SIMEYON

"L'inconscient collectif n'est pas dépendant d'un héritage cérébral : il est la conséquence de ce que j'appellerai l'imposition culturelle irréfléchie.

Rien d'étonnant, donc, à ce qu'un Antillais, soumis à la méthode du rêve éveillé, revive les mêmes phantasmes qu'un Européen.
(...)
Par l'inconscient collectif, l'Antillais a fait siens tous les archétypes de l'Européen.
(...)
La conscience morale implique une sorte de scission, une rupture de la conscience, avec une partie claire qui s'oppose à la partie sombre.
Pour qu'il y ait morale, il faut que disparaisse de la conscience le noir , l'obscur, le nègre.
Donc, un nègre à tout instant, combat son image..."

Frantz FANON,

"Peau noire et masques blancs"

Pour illustrer ce résultat d'analyse (Frantz FANON était médecin-chef en hôpital psychiatrique) nous voulons également vous faire part des observations faites par Madame RATEAU, responsable de la Maison  de l'enfant à l'Hôpital  Robert DEBRE de Paris.

Selon elle, les enfants d'origine étrangère ou de région rurale éloignée, qu'elle reçoit dans son service, tendent à nier systématiquement la culture d'origine de leurs parents.
Ils sont plus facilement dans une volonté d'intégration sociale que de valorisation de leurs particularités.

Nous rajouterons qu'un enfant qui se renie sous la pression d'un système social "assimilassioniste" a de forte chance de devenir une "menace" adolescente et un "danger" adulte, dans l'expression, longtemps refoulée et trop tardive, de son être profond.
Nous laissons ces interrogations à la réflexion des uns et l'action des autres.

Je pense ici à cette mère adoptive, qui livre en main, est en quête constante de lieux d'interculturalité favorisant le développement interne de Son enfant.
Nous cotoyons cet enfant,  une fois par  semaine et notre plaisir  de partager le sien, à l'écoute  de "Tonton Bouki" (version Haïtienne de "Frère Jacques"; ref : "A l'ombre du flamboyant" / Didier jeunesse) va bien au-delà des mots et des genres.
C'est la rencontre de ce type de situation qui donne un sens profond à nos intentions, pour peu qu'elles puissent se traduire en actions accessibles à tous.

Reconnaître l'enfant dans ce qu'il est et qui fait toujours de lui quelqu'un d'unique dans son rapport au monde.

Tonton Bouki
(bis)
Wap domi ?, tu dors? (bis)
Lévé pou 'ou bat tambou la, lève toi pour battre le tambour,(bis)
Ding deng dong (bis)

Publicité

Publié dans TRANCHES D'ESSAIS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article