JAZZ ET ENSEIGNEMENT.
PEUT-ON ENSEIGNER LE JAZZ ?
Extraits d'un article débat paru dans le Jazz Magazine numéro 577 du mois de Janvier 2007.
"Un oiseaux siffleur élevé par des oiseaux non siffleurs, deviendra un oiseaux non siffleur.
Un oiseaux non siffleur, élevé par des oiseaux siffleurs deviendra un oiseaux siffleur"
Mr NUISSIER Gabriel
Photo : VERVE MUSIC
In memory of ELLA FITZGERALD & LOUIS ARMSTRONG.
In the name of all MISSISSIPPI Holer's who shouted them blues from ALABAMA to St GERMAIN DES PRES
" The sky is blue and the clowds are white...
What a wonderful world."
"On a deux oreilles , une pour l'école une pour la rue"
Duke ELLINGTON
"La musique est le fruit de ton expérience, de tes sentiments et de ta sagesse.
Si tu ne les sens pas , tu ne les joueras pas"
Charlie PARKER
"Ma musique est l'expression spirituelle de ce que je suis; ma foi, mes connaissances , mon être"
John COLTRANE
JAZZ MAGAZINE
"Tant que le jazz est enseigné, celui qui l'apprend ne fait pas encore du jazz.
La musique peut être enseignée, quelle qu'elle soit, mais le jazz ne peut être qu'une démarche personnelle, quelque chose que l'on ne peut apprendre que par soi même, en le faisant.
Le meilleur exemple est pour moi l'écoute des vieux disques de jazz: on y entend des musiciens qui cherchent, qui se trompent, qui hésitent et qui parfois se plantent, parfois réussissent, par le miracle des rencontres, à ouvrir tout un pan de musique inexplorée.
Les disques de jazz d'aujourd"huison souvent parfaits, il n'y a rien qui dépasse, on n'apprend pas le jazz, on le fait.
Toute chose apprise est destinée à être brûlée sur le bûcher du jazz, mais évidement, pour avoir quelque chose à brûler, il faut apprendre, n'importe quoi mais apprendre.
Cela peut aller de BACH à la musique Pygmée.
Le jazz n'a que faire du combustible, ce qu'il veut c'est brûler et surtout ne jamais s'éteindre."
Malik MEZZADRI, flûtiste
"J'ai un problème avec le terme jazz, qui a différents sens.
Au début du siècle, ce mot voulait dire "to fuck"...Il y a aussi d'autres sens possibles.
Aujourd'hui j'aurais du mal à définir le jazz, c'est un mot utopique.Mais cette musique m'a bien été transmise par la tradition orale. Et la tradition orale n'a rien à voir avec toutes les institutions.Les étudiants d'aujourd"hui apprennent exclusivement dans les écoles, les académies.
L'enseignement a pris le pas sur la tradition orale.
Il est devenu possible pour un jeune d'étudier grâce aux livres consacrés à Charlie PARKER ou à John COLTRANE.
Le danger, c'est la perte de cette tradition orale, la perte de l'Âme de la musique.(...)
J'ai commencé à enseigner à l'Université de Buffalo en 1969, au moment du mouvement des droits civiques; c'était le début des études noires.
A l'époque, il n'y avait aucun enseignement sur la culture Noire-Américaine.
L'intitulé de mon cours, c'était : "Concept révolutionnaire dans la musique Africaine-Américaine"(...)
Mon approche était surtout historique et anthropologique, je traitais d'ethnomusicologie.
Je difusais des films et nous en discutions. Je faisais lire aussi certains textes à mes étudiants.
Ce sont des Français qui ont été les premiers à écrire des études, des analyses sérieuses sur cette musique, notament Hughes PANASSIE et l'ethnologue Marcel GRIAULE.(...)
C'est une musique syncrétique née de la fusion des cultures Africaine et Européenne.(...)
Dans les banlieues , ils n'ont accès qu'à des platines et non à de vrais instruments , c'est dommage...(...)
La musique c'est important mais il n'est pas important de devenir musicien professionnel.
Vous pouvez chanter dans votre baignoire, vous pouvez jouer de la flûte sur votre divan...simplement pour l'auditoire de votre coeur..."
Archie SHEPP, saxophoniste...
"Je pense que l'on peut enseigner les "fondamentaux", mais pas "l'essence" du jazz.
Avoir une bonne oreille, cela ne s'apprend certainement pas.(...)
Pour improviser il faut vraiment avoir des oreilles spéciales, certains sont nés avec.
Bien sur , l'improvisation, ça se travaille, c'est un langage que l'on peut développer dans la durée.
Le plus important , selon moi c'est de trouver son son.
Les grands musiciens arrivent à exprimer ce son à travers leurs instruments.(...)
Dans mon cours, il s'agissait d'atteindre le niveau de jeu qui était fonction du degré de spiritualité.
C'est la clé du problème.
Charlie HADEN, contrebassiste
" ...En fait vous pouvez enseigner quoi jouer, mais vous ne pouvez pas enseigner comment jouer.
Le jazz vient de vos sentiments.
Il est nécéssaire d'apprendre l"harmonie, le rythme, comment fonctionne une mélodie.(...)
Jouer à quatre tous en même temps ne veut pas dire pour autant jouer ensemble. "
Joe LOVANO, saxophoniste
"Quand j'étais à l'école le jazz n'était pas enseigné, on apprenait BACH, MOZART, et tout le reste, mais pas du jazz.
Mais une fois par semaine , nous avions un cours libre...
Pendant ce cours on faisait toujours le boeuf. C'est là que ça se passait.(...)
Le jazz ça s'apprend en se jetant dans le monde.
Il doit refléter la vie, sinon c'est une nature morte.
Et la musique cela s'apprend en travaillant ,en jouant, ça ne s'apprend pas à l'école.(...)
Ce que je conseille à mes étudiants , c'est de touver leur lumière intérieure, et je les y aide."
Roscoe MITCHELL, saxophoniste, flûtiste
"Les leçons se prennent ,on ne les donne pas"
Aldo ROMANO, batteur
"Mon école, c'était le fait de jouer trois cents jours par an. On jouait beaucoup plus que maintenant.(...)
Il est devenu rare de voir les musiciens dans les clubs après le concert, ce qui était la tradition à l'époque.(...)
Dans cette musique , il y a un élément qui est vraiment caractéristique, c'est la responsabilité de chacun de développer, autant qu'il le peut, son propre Son, son propre langage, sa propre personnalité. Ce qui fait , on le sait, que l'on ne confond pas COLTRANE et ROLLINS.
C'est notre responsabilité d'enseignant, les aider à trouver leur voix.(...)
La première façon de faire de la musique, c'est de l'improviser. "
François JEANNEAU , saxophoniste
"Oui cela dépend de l'environnement familial...musical.
Récemment j'étais au Maroc, à Essaouira, j'ai eu la chance de jouer avec une confrérie Gnawa.
Sur scène, il y avait un gamin de deux ou trois ans habillé comme les membres de la confrérie.(...)
Il dansait et jouait de petites percussions sans tempo mais, au bout d'un certain temps, tout simplement , il est entré dans le mouvement de la musique.
A ce moment là, il a commencé à jouer dans le tempo en regardant les autres(...)
Il n'avait pas conscience qu'il s'agissait de la musique, c'était la vie, quelque chose qui lui était présenté comme une activité sociale "
Bojan ZULFIKARPASIC, pianiste
"La musique est entre les notes"
MOZART
Extraits d'un article débat paru dans le Jazz Magazine numéro 577 du mois de Janvier 2007.
"Un oiseaux siffleur élevé par des oiseaux non siffleurs, deviendra un oiseaux non siffleur.
Un oiseaux non siffleur, élevé par des oiseaux siffleurs deviendra un oiseaux siffleur"
Mr NUISSIER Gabriel
Photo : VERVE MUSICIn memory of ELLA FITZGERALD & LOUIS ARMSTRONG.
In the name of all MISSISSIPPI Holer's who shouted them blues from ALABAMA to St GERMAIN DES PRES
" The sky is blue and the clowds are white...
What a wonderful world."
"On a deux oreilles , une pour l'école une pour la rue"
Duke ELLINGTON
"La musique est le fruit de ton expérience, de tes sentiments et de ta sagesse.
Si tu ne les sens pas , tu ne les joueras pas"
Charlie PARKER
"Ma musique est l'expression spirituelle de ce que je suis; ma foi, mes connaissances , mon être"
John COLTRANE
JAZZ MAGAZINE
"Tant que le jazz est enseigné, celui qui l'apprend ne fait pas encore du jazz.
La musique peut être enseignée, quelle qu'elle soit, mais le jazz ne peut être qu'une démarche personnelle, quelque chose que l'on ne peut apprendre que par soi même, en le faisant.
Le meilleur exemple est pour moi l'écoute des vieux disques de jazz: on y entend des musiciens qui cherchent, qui se trompent, qui hésitent et qui parfois se plantent, parfois réussissent, par le miracle des rencontres, à ouvrir tout un pan de musique inexplorée.
Les disques de jazz d'aujourd"huison souvent parfaits, il n'y a rien qui dépasse, on n'apprend pas le jazz, on le fait.
Toute chose apprise est destinée à être brûlée sur le bûcher du jazz, mais évidement, pour avoir quelque chose à brûler, il faut apprendre, n'importe quoi mais apprendre.
Cela peut aller de BACH à la musique Pygmée.
Le jazz n'a que faire du combustible, ce qu'il veut c'est brûler et surtout ne jamais s'éteindre."
Malik MEZZADRI, flûtiste
"J'ai un problème avec le terme jazz, qui a différents sens.
Au début du siècle, ce mot voulait dire "to fuck"...Il y a aussi d'autres sens possibles.
Aujourd'hui j'aurais du mal à définir le jazz, c'est un mot utopique.Mais cette musique m'a bien été transmise par la tradition orale. Et la tradition orale n'a rien à voir avec toutes les institutions.Les étudiants d'aujourd"hui apprennent exclusivement dans les écoles, les académies.
L'enseignement a pris le pas sur la tradition orale.
Il est devenu possible pour un jeune d'étudier grâce aux livres consacrés à Charlie PARKER ou à John COLTRANE.
Le danger, c'est la perte de cette tradition orale, la perte de l'Âme de la musique.(...)
J'ai commencé à enseigner à l'Université de Buffalo en 1969, au moment du mouvement des droits civiques; c'était le début des études noires.
A l'époque, il n'y avait aucun enseignement sur la culture Noire-Américaine.
L'intitulé de mon cours, c'était : "Concept révolutionnaire dans la musique Africaine-Américaine"(...)
Mon approche était surtout historique et anthropologique, je traitais d'ethnomusicologie.
Je difusais des films et nous en discutions. Je faisais lire aussi certains textes à mes étudiants.
Ce sont des Français qui ont été les premiers à écrire des études, des analyses sérieuses sur cette musique, notament Hughes PANASSIE et l'ethnologue Marcel GRIAULE.(...)
C'est une musique syncrétique née de la fusion des cultures Africaine et Européenne.(...)
Dans les banlieues , ils n'ont accès qu'à des platines et non à de vrais instruments , c'est dommage...(...)
La musique c'est important mais il n'est pas important de devenir musicien professionnel.
Vous pouvez chanter dans votre baignoire, vous pouvez jouer de la flûte sur votre divan...simplement pour l'auditoire de votre coeur..."
Archie SHEPP, saxophoniste...
"Je pense que l'on peut enseigner les "fondamentaux", mais pas "l'essence" du jazz.
Avoir une bonne oreille, cela ne s'apprend certainement pas.(...)
Pour improviser il faut vraiment avoir des oreilles spéciales, certains sont nés avec.
Bien sur , l'improvisation, ça se travaille, c'est un langage que l'on peut développer dans la durée.
Le plus important , selon moi c'est de trouver son son.
Les grands musiciens arrivent à exprimer ce son à travers leurs instruments.(...)
Dans mon cours, il s'agissait d'atteindre le niveau de jeu qui était fonction du degré de spiritualité.
C'est la clé du problème.
Charlie HADEN, contrebassiste
" ...En fait vous pouvez enseigner quoi jouer, mais vous ne pouvez pas enseigner comment jouer.
Le jazz vient de vos sentiments.
Il est nécéssaire d'apprendre l"harmonie, le rythme, comment fonctionne une mélodie.(...)
Jouer à quatre tous en même temps ne veut pas dire pour autant jouer ensemble. "
Joe LOVANO, saxophoniste
"Quand j'étais à l'école le jazz n'était pas enseigné, on apprenait BACH, MOZART, et tout le reste, mais pas du jazz.
Mais une fois par semaine , nous avions un cours libre...
Pendant ce cours on faisait toujours le boeuf. C'est là que ça se passait.(...)
Le jazz ça s'apprend en se jetant dans le monde.
Il doit refléter la vie, sinon c'est une nature morte.
Et la musique cela s'apprend en travaillant ,en jouant, ça ne s'apprend pas à l'école.(...)
Ce que je conseille à mes étudiants , c'est de touver leur lumière intérieure, et je les y aide."
Roscoe MITCHELL, saxophoniste, flûtiste
"Les leçons se prennent ,on ne les donne pas"
Aldo ROMANO, batteur
"Mon école, c'était le fait de jouer trois cents jours par an. On jouait beaucoup plus que maintenant.(...)
Il est devenu rare de voir les musiciens dans les clubs après le concert, ce qui était la tradition à l'époque.(...)
Dans cette musique , il y a un élément qui est vraiment caractéristique, c'est la responsabilité de chacun de développer, autant qu'il le peut, son propre Son, son propre langage, sa propre personnalité. Ce qui fait , on le sait, que l'on ne confond pas COLTRANE et ROLLINS.
C'est notre responsabilité d'enseignant, les aider à trouver leur voix.(...)
La première façon de faire de la musique, c'est de l'improviser. "
François JEANNEAU , saxophoniste
"Oui cela dépend de l'environnement familial...musical.
Récemment j'étais au Maroc, à Essaouira, j'ai eu la chance de jouer avec une confrérie Gnawa.
Sur scène, il y avait un gamin de deux ou trois ans habillé comme les membres de la confrérie.(...)
Il dansait et jouait de petites percussions sans tempo mais, au bout d'un certain temps, tout simplement , il est entré dans le mouvement de la musique.
A ce moment là, il a commencé à jouer dans le tempo en regardant les autres(...)
Il n'avait pas conscience qu'il s'agissait de la musique, c'était la vie, quelque chose qui lui était présenté comme une activité sociale "
Bojan ZULFIKARPASIC, pianiste
"La musique est entre les notes"
MOZART
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