JARDIN TROPICAL

Publié le par KOSPO, STEVE ET SIMEYON

Ce matin Imane, ma fille, me  demande si je préfère aller au Parc de La Villette ou au bois de Vincennes où nous nous rendons régulièrement pour des activités ludo-musicales.
Je ne lui répond pas très clairement mais lui propose d'y réfléchir.

Ne pouvant l'amener à l'école du fait d'un état grippal je lui propose de m'accompagner à Nogent sur Marne où j' ai un rendez vous , que je choisis de ne pas décaler, pour la mise en place d'un cursus approprié de formation dans le domaine de l'animation culturelle, via l' AFPA.

A notre arrivée à Nogent une pancarte ne manque pas d'attirer mon attention: "Jardin Tropical".
Chouette, je pense avoir une option sympathique à proposer à Imane, quand à son besoin d'espace.
Au retour  du rendez vous, plus ou moins instructif et très expéditif, je lui propose d'aller sentir quelque bonne odeur d'ailleurs au "Jardin Tropical".

Quelle n'est pas ma surprise de me retrouver sur le site de l'exposition coloniale de 1907 donnant suite à celle de 1906 au Prado de Marseille.
Je reste glacé !
Imane elle se réchauffe de tout bois, fleurs et coccinelles.
Nous ne rentrerons pas ici dans les détails de ce que nous y avons trouver, au delà des monuments dédiés à la mémoire des uns et des autres, ou de tel ou tel batiment brûlé pour "des raisons non élucidées" .

Au lieu du "Jardin Tropical" annoncé pour séduire les naïfs , dont je pense encore faire partie, je suis bel et bien dans un jardin colonial.

Est-il possible sur ces bases "tropicalisantes" d'instruire, d'éduquer ou de civiliser un groupe scolaire auquel est proposé une ballade ludique sur des lieux présentés de façon aussi exotique et douteuse ?
Est-il possible à une collectivité  territoriale d'être crédible sur les bases d'un mensonge culturel devant des enfants en mal  ou en quête de repères ?

Nous ne referons pas l'histoire, mais dans la démarche de transmission et d'éducation populaire où nous nous situons nous ne pouvons cautionner et véhiculer ce genre d'artifice.

Nous avons choisi l'Art  et la vie pour dépasser nos blessures mais nous ne pourrons pas mentir à vos enfants sur l'histoire de "leur civilisation".
Vivre ensemble: OUI.
Pardonner : OUI.
Oublier : NON.

Au bout d'un moment Imane a donc manifester le besoin de rentrer à la maison, auprès de sa vérité maternelle.
J'y retournerai....seul.

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Publié dans TRANCHES D'ESSAIS

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